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SThree organise une conférence sur l’avenir du travail

Ce mercredi 2 octobre 2019, Claire BONENFANT, Directrice générale de SThree, entreprise de recrutement spécialisée dans le placement de profils dans les secteurs STIM (science, technologie, ingénierie et mathématiques) et Gaëlle BOESMANS, responsable marketing de marque chez SThree (branding manager) ont animé une conférence sur l’avenir du travail avec des invités pour le moins pertinents et prestigieux, Laetitia VITAUD, conférencière et auteure du récent livre « du labeur à l’ouvrage » et, Samuel DURAND, jeune freelance et fondateur de Going Freelance, projet exploratoire de l’univers du freelancing et de l’avenir du travail, nourri par un voyage de plus de 6 mois autour du monde (l’étude qui vient de paraître est ici !).

Oscillant entre théorie et pratique, les deux interventions se sont mutuellement enrichies pour nous livrer une analyse fine des causes et des conséquences des mutations du marché de l’emploi, à l’œuvre depuis plus de 40 ans, en nous proposant même des perspectives !

Retour par la Faabrick Cherdet sur cette conférence passionnante.

 

Conférence Sthree La Faabrick Cherdet

 

« Du labeur à l’ouvrage » ou comment réinventer notre rapport au travail

La conférence commence avec un constat sans appel, « une promesse a été rompue » selon Laetitia VITAUD, « celle d’un contrat de travail pérenne avec son lot de garanties et de contreparties, en matière de protection sociale notamment » qui assurait stabilité et avenir au salarié et sa famille. Rompu donc ce lien si particulier entre un salarié et son employeur, caractérisé par la subordination du premier envers le second, pour exécuter un « labeur » avec son lot de contraintes rendues tolérables par les avantages qu’il procurait.

Progressivement depuis près de 40 ans, tous les avantages liés à ce contrat sont battus en brèche, pour arriver aujourd’hui à une profonde crise de sens. Une grande remise en question de ce « contrat de labeur » est en cours.

Constat partagé par Samuel DURAND. Il a sillonné le monde à la rencontre de personnes qui ont, en quelque sorte, pris les devants et fait le choix, comme lui, de vivre autrement ce rapport au travail, à l’activité et au temps. Pour ce jeune entrepreneur ayant voyagé dans plus de 13 pays, contrairement aux idées reçues « le freelancing n’est pas un phénomène générationnel, j’étais pour ma part le seul de ma promotion à ne pas faire le choix du salariat. Dans mes voyages, j’ai rencontré des freelances de toutes les générations. C’est surtout une mentalité, une manière différente d’appréhender le travail et la réalisation de soi ».

D’une certaine façon, ces freelances seraient les pionniers de ce nouveau « contrat d’ouvrage » proposé par Laetitia VITAUD dans son livre. Elle ne tombe pas pour autant dans la facilité et balaie d’un revers de main les prophéties annonçant l’avènement du « tous freelance » et d’un monde du travail sans salariat, situation ni souhaitable ni envisageable d’un point de vue systémique. Elle nous invite en revanche à repenser le modèle et à l’adapter aux mutations en cours. Le freelancing est loin d’être la seule manière de réinventer la façon de travailler (l’entreprise libérée ou l’intrapreneuriat en sont de bons exemples).

 

Les freelances et l’entreprise, un rapport à (ré) inventer

Autonomie, choix des missions, sens : les freelances occupent une place croissante dans les entreprises : on parle de « pollinisation », les pratiques freelances inspirant les modèles d’organisation. L’entreprise devient un lieu « d’hybridation » où se côtoient des personnes sous de multiples statuts, travaillant pour la même entité, mais pas toujours traitées de la même manière.

Et il y a là un point d’amélioration possible. Les freelances travaillent le plus souvent sans interlocuteur référent dans l’entreprise mais plutôt avec de nombreux intermédiaires : service achat, service des ressources humaines, service où ils exercent, auxquels peuvent s’ajouter une plateforme ou un intermédiaire … Samuel Durand regrette que les freelances soient recrutés dans la plupart des entreprises par le service achats, « alors que ce sont bien des ressources humaines ». Le rapport à l’entreprise peut de fait s’en trouver altéré, « l’onboarding » pour un freelance restant largement à inventer. La fidélisation de « ces talents » reste un enjeu majeur pour la plupart des entreprises et, peu d’entre elles se sont emparées du sujet.

Laetitia VITAUD, pour qui le changement est possible et souhaitable, privilégie la stratégie des « petits pas » et suggère de tester « par service, des méthodes différentes de travail avec les freelances, avant de mettre en place des process RH uniformisés dans toute l’entreprise »

Les intervenants ont clôturé la conférence avec l’ouverture d’un passionnant débat au sujet de la création d’un collectif de ces freelances, capables de porter leur parole et d’influencer le législateur. A notamment été évoqué la création d’un syndicat dédié qui les représenterait tous, ou en grande majorité.