Que dire de cet ovni technocratique et égalitariste qu’est la loi Transparence Salariale transposant la directive européenne (…) Comme si nous en avions besoin pour atteindre l’égalité entre les femmes et les hommes, une égalité que nous voulons pour des raisons de principe, mais aussi de performance !
Patrick Martin, le boss des patrons du MEDEF, n’y va pas de main morte avec un texte qu’il juge aussi inutile que dangereux pour les entreprises de toutes tailles.
Et son lobbying semblait fonctionner à merveille : pendant la REF, la grande messe de rentrée du patronat qui s’est tenue les 26 et 27 août dernier, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, laissait entendre que la transposition pourrait bien ne pas aboutir avant l’élection présidentielle de 2027. Petit rappel au passage : la directive devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026…
Puis, changement de décor. Le 10 septembre 2026, le projet de loi de transposition est présenté en conseil des ministres. L’ancien PDG de la SNCF vise désormais un passage au Sénat en fin d’année ou tout début 2027, puis à l’Assemblée nationale, avec l’espoir d’aboutir avant la fin du mois de février 2027. Son verdict sur ce calendrier : « C’est juste mais c’est jouable ». Et à ceux qui, côté patronal, rêvent de renégocier la directive à Bruxelles, il a opposé une fin de non-recevoir : la France continuera de transposer.
Pour les employeurs qui craignent le grand chambardement dès demain matin, le ministère a aussi confirmé que l’actuel index de l’égalité professionnelle sera bien déclaré en 2027, le passage aux indicateurs de la directive étant prévu à partir de 2028.
Mais alors, qu’est-ce qui bloque ? Qu’est-ce qui provoque l’ire et la panique dans le camp patronal ? Cette loi va-t-elle autant bouleversifier les pratiques en entreprise ? Ces nouveaux droits pour les salariés sont-ils si terribles ? Et pourquoi un simple indicateur donne-t-il autant de sueurs froides aux patrons ?
Le sujet est dense, alors on a décidé de le décrypter en trois épisodes, dans la joie et la bonne humeur. Aujourd’hui, on pose les bases.